Journaliste : La plupart de tes spectacles comportent des allusions plus ou moins directes au racisme et à la " beauf attitude " en France. Y as-tu souvent été confronté ?
Oui, assez souvent. Depuis tout petit, je me souviens que mon voisin nous appelait " bamboula " moi et mon frère. Dans les années 60, nous avons eu droit a une enfance assez " musclée " de ce point de vue. Bon, nous étions costauds, nous nous sommes défendus, mais l'intégration n'est pas toujours facile dans ce pays, notamment pour les Noirs. En famille, on se serre un peu les coudes en essayant de faire en sorte que nous soyons de plus en plus nombreux à être acceptés ici.
Journaliste : Est-ce que tu ressens malgré tout une amélioration au niveau de la visibilité des Noirs en France, que ce soit dans le domaine artistique ou dans d'autres domaines ?
Non, je pense que les Noirs font toujours peur.
Il existe toujours un lobby très puissant qui a le monopole de la souffrance humaine et qui ne nous reconnaît absolument aucune existence ! Je le vois particulièrement dans les médias. Lorsque j'ai commencé ma carrière avec Elie, qui est d'obédience juive, j'ai pu constater que cette communauté est particulièrement frileuse par rapport à la souffrance. Il y a une unicité de la souffrance juive qui fait qu'on n'a pas le droit, nous, de revendiquer quoi que ce soit.
Les descendants juifs continuent à être indemnisés par rapport à ce qui s'est passé durant la Shoah. Nous, les Noirs, n'avons jamais rien eu à cause de certains juifs qui refusent que notre souffrance soit mise au même niveau que la leur !
Je ne me permettrais pas de faire une échelle de valeurs, car je pense que la souffrance humaine est la même dans toutes les tragédies, que c'est le lot de l'humanité. Mais je pense que le lobby juif déteste les Noirs, vraiment ! Etant donné que le Noir dans l'inconscient collectif porte la souffrance, le lobby juif ne le supporte pas, parce que c'est leur business ! Maintenant, il suffit de relever sa manche pour montrer son numéro et avoir droit à la reconnaissance... Moi, mon numéro, il est sur ma gueule ! C'est ce qu'ils ne veulent pas partager avec nous. Dès que j'ai commencé à l'ouvrir, ils me sont rentrés dedans en me traitant d'antisémite, etc.
Il dit aussi un peu plus loin :
"on va me voir au cinéma avec Alain Chabat. Là, je serais en Astérix et c'est un film que je vais réaliser. Sur scène, je ne suis pas opposé à faire un spectacle à plusieurs, pourquoi pas ?
Je prépare également un projet filmique autour du Code Noir, mais les financiers ici ne veulent pas en entendre parler, comme il fallait s'y attendre ! Ils préfèrent sans doute soutenir un énième film sur la Shoah…
En bref, ils nous " gonflent " encore avec Mein Kampf, car on ne peut même pas parler de notre propre histoire ! Ce monopole est vraiment emmerdant…"